MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS
MÉMOIRES
p '
PUBLIÉS
PAR LES MEMBRES
I>Ü LA
MISSION ARCHEOLOGIQUE FRANÇAISE
b
AU CAIRE
SOUS LA DIRECTION DE M. U. SOURIANT
TOME HUITJEME
3" Fascicule
J. DE MORGAN, SOURIANT et LEGRAIN
LES CARRIÈRES DE PTOLÉMAÏS
DARES ST
LA GRANDE COLONNADE DU TEMPLE DE LOUXOR
PARIS
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
LIBRAIRE DÉ LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE
de l'école des langues orientales vivantes, de l'école du couvre, etc.
2 $, RUE BONAPARTE, 28
I 894
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MÉMOIRES
PUBLIÉS PAR LES MEMBRES
1
DR LA
MISSION ARCHÉOLOGIQUE FRANÇAISE AU CAIRE
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CHALON-SUR-SAONE
mmtàBRIÇ FRANÇAISE £T ÛKlhNtAtE L)É L t MARŒAlî
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NOTE
C ' ’ î* ' ï ^
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StifL US
CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS (MENCHIYÈH)
PAR
MM, J. de MORGAN, U. BOU RIANT, LEGRAIN
*
1
Les matériaux qui furent employés dans la construction des édifices de
Ptolémaïs ont pour la plupart été tirés de la montagne dite de nos jours par
les Arabes Gébei Toukh (^t J^), falaise située à dix kilomètres environ de
la ville de Menchiyéh, sur la rive droite du Nil,
Gébel-Toukh, vaste promontoire qui se détache de la chaîne Arabique,
s'avance jusqu'au fleuve et se termine à pic au-dessus des eaux. Il est formé de
bancs presque horizontaux de calcaires compacts ou friables alternants. Les
couches supérieures, qui appartiennent à l'époque éocéne, renferment des
nummulïtes, tandis que les assises inférieures sont presque dépourvues de
fossiles.
Comme toutes les montagnes, qui dans cette partie de l'Égypte bordent la
vallée du Nil, GébeLToukh présente de loin l'aspect d’un gigantesque escalier,
dont les marches inégales sont formées par les couches calcaires superposées.
C'est dans les bancs qui forment la base de ces escarpements, que les Égyptiens
ont jadis, vers la XXX e dynastie, ouvert les carrières qui fournissaient a
Ptolémaïs ses matériaux de construction.
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NOTE
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CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS (MENCHIYÈH)
PAR
MM, J. de MORGAN, U. BOU RIANT, LEGRAIN
*
1
Les matériaux qui furent employés dans la construction des édifices de
Ptolémaïs ont pour la plupart été tirés de la montagne dite de nos jours par
les Arabes Gébei Toukh (^t J^), falaise située à dix kilomètres environ de
la ville de Menchiyéh, sur la rive droite du Nil,
Gébel-Toukh, vaste promontoire qui se détache de la chaîne Arabique,
s'avance jusqu'au fleuve et se termine à pic au-dessus des eaux. Il est formé de
bancs presque horizontaux de calcaires compacts ou friables alternants. Les
couches supérieures, qui appartiennent à l'époque éocéne, renferment des
nummulïtes, tandis que les assises inférieures sont presque dépourvues de
fossiles.
Comme toutes les montagnes, qui dans cette partie de l'Égypte bordent la
vallée du Nil, GébeLToukh présente de loin l'aspect d’un gigantesque escalier,
dont les marches inégales sont formées par les couches calcaires superposées.
C'est dans les bancs qui forment la base de ces escarpements, que les Égyptiens
ont jadis, vers la XXX e dynastie, ouvert les carrières qui fournissaient a
Ptolémaïs ses matériaux de construction.
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154
j. DE MORGAN
La roche est un calcaire tendre, fin, sonore et blanc de neige, Il ne renferme
que de faibles traces de fer; car, soumis au contact de l'air pendant des siècles,
c'est à peine s’il a jauni; mais, par contre, il est fortement imprégné de sels et
ri
se délite assez rapidement quand il est exposé à rhumidité.
Le banc principal, celui qui a donné lieu à une exploitation très active, est
d'une grande régularité d'alïures. Il présente une puissance totale d'au moins
vingt-cinq métrés ; sa masse est compacte et les plans de stratification y sont à
peine visibles, mais il est coupé par un réseau de failles peu inclinées et sensi-
blement parallèles.
On comprend aisément que l'attention des architectes de l'antiquité ait été
attirée par la bonne qualité des matériaux, par la proximité du fleuve et par la
facilité des transports depuis les carrières jusqu'au quai de Ptolémaïs. Ce quai,
dont on voit encore les suines dans le lit du Nil, n'est distant des carrières que
de dix kilomètres.
L exploitation fut très développée; elle dura, si nous nous en rapportons aux
inscriptions peintes sur les murailles, depuis l'époque des derniers souverains
de la XXX e dynastie jusqu à fa fin de la domination grecque, peut-être même
jusqu a l’époque romaine, Elle s'étendait sur une longueur de quatre kilo-
mètres environ, depuis la pointe du cap, formé par Gébel-Toukh, jusqu'aux
environs d’un tombeau musulman, dit Cheik-Mouça; mais c’est principale-
ment dans sa partie méridionale que le gîte a été le plus largement attaqué.
Les carrières sont très nombreuses; dans la plupart le toit s est écroulé
et les excavations ont perdu leur aspect primitif; toutefois, !e groupe méri-
dional est resté intact, On peut encore y voir les derniers coups doutîls donnés
par les ouvriers, les marques des contremaîtres indiquant les dimensions des
blocs qui devaient être détachés, et aussi bon nombre d'inscriptions peintes en
rouge, en démot iq ne, en grec, en latin et même en copte, des dessins grossiers
de bateaux, d archers, d’animaux et des figures de tout genre.
La présence d inscriptions coptes dans ces carrières na rien qui doive sur-
prendre, car, au pied de la montagne, au nord de Gébel-Tonkh à six kilo-
mètres environ de Menchiyèh, sur la rive droite du Nil, on voit encore les
ruines d une bourgade chrétienne, possédant sa nécropole, son couvent (Saint-
Jean) et ses grottes, qui furent habitées par les Coptes et où ils ont laissé des
inscriptions.
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154
j. DE MORGAN
La roche est un calcaire tendre, fin, sonore et blanc de neige, Il ne renferme
que de faibles traces de fer; car, soumis au contact de l'air pendant des siècles,
c'est à peine s’il a jauni; mais, par contre, il est fortement imprégné de sels et
ri
se délite assez rapidement quand il est exposé à rhumidité.
Le banc principal, celui qui a donné lieu à une exploitation très active, est
d'une grande régularité d'alïures. Il présente une puissance totale d'au moins
vingt-cinq métrés ; sa masse est compacte et les plans de stratification y sont à
peine visibles, mais il est coupé par un réseau de failles peu inclinées et sensi-
blement parallèles.
On comprend aisément que l'attention des architectes de l'antiquité ait été
attirée par la bonne qualité des matériaux, par la proximité du fleuve et par la
facilité des transports depuis les carrières jusqu'au quai de Ptolémaïs. Ce quai,
dont on voit encore les suines dans le lit du Nil, n'est distant des carrières que
de dix kilomètres.
L exploitation fut très développée; elle dura, si nous nous en rapportons aux
inscriptions peintes sur les murailles, depuis l'époque des derniers souverains
de la XXX e dynastie jusqu à fa fin de la domination grecque, peut-être même
jusqu a l’époque romaine, Elle s'étendait sur une longueur de quatre kilo-
mètres environ, depuis la pointe du cap, formé par Gébel-Toukh, jusqu'aux
environs d’un tombeau musulman, dit Cheik-Mouça; mais c’est principale-
ment dans sa partie méridionale que le gîte a été le plus largement attaqué.
Les carrières sont très nombreuses; dans la plupart le toit s est écroulé
et les excavations ont perdu leur aspect primitif; toutefois, !e groupe méri-
dional est resté intact, On peut encore y voir les derniers coups doutîls donnés
par les ouvriers, les marques des contremaîtres indiquant les dimensions des
blocs qui devaient être détachés, et aussi bon nombre d'inscriptions peintes en
rouge, en démot iq ne, en grec, en latin et même en copte, des dessins grossiers
de bateaux, d archers, d’animaux et des figures de tout genre.
La présence d inscriptions coptes dans ces carrières na rien qui doive sur-
prendre, car, au pied de la montagne, au nord de Gébel-Tonkh à six kilo-
mètres environ de Menchiyèh, sur la rive droite du Nil, on voit encore les
ruines d une bourgade chrétienne, possédant sa nécropole, son couvent (Saint-
Jean) et ses grottes, qui furent habitées par les Coptes et où ils ont laissé des
inscriptions.
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CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS
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Æ—
4
pjfi’ ï-
AS, A'B' — Plans horï-
de fracture,
ab — Ligne de rencontre
des deux sysièuies de
courbes dans le ce*
du travail par dfigX
Ouvriers.
section (a, fig. 4) est curviligne ; dans celui de deux ouvriers, elle devrait
être rectiligne et située verticalement {a, b, fig. 5).
À chaque pierre enlevée correspond une bande horizontale de stries haute
de 50 à 80 centimètres. Ces bandes sont séparées entre elles par des stries
plus fines résultant soit de l’emploi d'un outil spécial alors
que le gros pic ne pouvait plus pénétrer dans la rainure
soit de l'aplanissement de la surface avant l’ouverture
d'une seconde rainure destinée à l’enlèvement d T une
nouvelle pierre.
Le bloc à enlever, déjà coupé sur une ou deux de ses
faces par l'enlèvement des blocs voisins était souvent limité
d'un troisième côté par une fente naturelle du rocher, et
tes ouvriers semblent avoir fort habilement profité de ces
fissures. Dans ce cas* il suffisait alors de creuser une rainure sur la quatrième
face latérale et de déterminer la rupture de la face inférieure au moyen de
coins de bois ou par tout autre procédé. Généralement, la face inférieure
est parallèle à la stratification des calcaires et par suite te clivage est aisé.
Dans le cas où la roche ne présentait pas de fissures, Fouvrier creusait des
rainures sur tes faces verticales qui
n avaient pas été coupées à l’avance*
laissant toujours pour la fin du
travail l’opération de détacher le bloc
sur sa face inférieure. Une fois le
bloc détaché, il était alors facile de te
descendre au moyen de cordes et de
l’enlever au dehors.
m ■
L’opinion que je viens d émettre, et qui est basée sur la forme des traces
laissées par tes outils, trouve encore un argument en sa faveur dans l’exis*
tence, le long des faces des carrières souterraines, d’échelles taillées dans tes
parois et permettant aux ouvriers de monter jusqu'au toit et de gagner tes
chantiers les plus élevés. Ces escaliers, que je décrirai plus loin, sont fort
nombreux dans les chantiers de GébeLToukh. Parfois même, ils sont accom-
pagnés de mortaises profondes, creusées dans te rocher, à un mètre environ
du toit.
Ce dispositif permet de supposer que dans les travaux souterrains, lorsqu'il
Fig. 6.
T — Toit de 3a carrière.
E — Bloc 4 enlever.
AB — plafond iJiéo-riquc.
ab, cd, fg — Ressauts laissés par le travail horizontal
suivent le plan KL.
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j, DE: MORGAN
était nécessaire d'entamer près du plafond la paroi verticale pour ouvrir un
nouveau chantier, on établissait un plancher où l'ouvrier se plaçait pour
couper la roche, en la frappant de coups dirigés horizontalement. Ce procédé
de travail a laissé des traces dans la forme des courbes qu'on peut observer
au toit, et la difficulté pour l'ouvrier, incommodé ment
placé, de couper suivant un plan horizontal, a causé une
série de crêtes qui séparent les diverses périodes du
travail, de sorte qu’au lieu de trouver un plafond par-
faitement plan, nous le voyons composé d'une série de
plans partiels obliques ( cd t ej t gh , fig, 6), dans l'en-
semble desquels la perte de direction est rachetée par
des ressauts pour chaque pierre enlevée.
Cette méthode d'exploitation, qui porte aujourd’hui
le nom de « gradins droits », est encore fort en usage,
mais l emploi des matières explosibles a supprimé les
difficultés considérables que rencontraient les ouvriers
dans l’ouverture d une entame au toit.
Les échelles qui donnaient accès aux chantiers supé-
rieurs sont comme de juste toutes situées dans les car-
rières souterraines, les exploitations à ciel ouvert n“en
avaient pas besoin. Ces escaliers se composent unique-
ment de petits godets, creusés dans le rocher, à 50 ou
60 centimètres les uns des autres, larges de 12 à r8 cen-
ti mètres, et munis d'un rebord de 4 à 5 centimètres,
pour que l'ouvrier puisse sj maintenir avec les doigts.
Les échelles sont toutes verticales; parfois, elles sc trans-
portent à droite ou à gauche ; le point de rencontre est
alors formé par quatre marches se correspondant deux à deux (fig, 8);
d autres fois, ils permettaient de passer d’un chantier aujourd'hui disparu
dans un autre plus élevé, et ne commencent qu'à une grande hauteur au-
dessus du soL
Le plafond porte fréquemment les indications de la taille des matériaux à
enlever, Il est probable que ces dessins et ces calculs, généralement en démo-
tique, ne sont autres que des aide-mémoire destinés aux contremaîtres et
aux ouvriers, car ils n indiquent certainement pas que la roche même qui les
Kig. 7.
TI, — Pjlafond.
fcj, iû' — Par Lié àentïTçr pour
caimnc nos mn c h antie r.
ïfL r m - — Mortaises.
P* F 1 — PLâftChçr.
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Carrières antiques de ptolêmaïs
î6i
porte devait être enlevée, puisque d'une part, comme nous lavons vu, le
travail s'effectuait de haut en bas, et que d une autre, diminuer l'épaisseur
du banc laissé au toit eût été compromettre la sécurité de 1* exploitation et la
vie des ouvriers.
D'après les renseignements qui nous sont fournis par les
inscriptions, nous savons que les carrières de Gébel-Toukh
furent exploitées pendant la XXX e dynastie , à l'époque
grecque et sous les premiers empereurs romains. Or, comme
le travail se faisait par colonnes verticales en « gradins
droits » t c'est du sommet des chantiers que les ouvriers
écrivaient les inscriptions au plafond. Il n'est donc pas sur-
. prenant de voir placés côte à côte des textes appartenant à
des époques très différentes, et de la nature d une inscrip-
tion, il est impossible de déduire l’âge des parties voisines
de la carrière. Les légionnaires romains, auxquels était
confiée la surveillance des exploitations et qui ne mon-
, > Ffy.
talent pas dans les chantiers, n'ont au contraire inscrit le
souvenir de leur passage que dans les parties les plus basses des murailles.
Les matériaux extraits des carrières, pour être transportés au fleuve, sui-
vaient des chemins dont on rencontre encore les traces sur bien des points,
tandis que les débris de l'exploitation étaient entassés à proximité des car-
rières et forment aujourd'hui des haldes considérables.
Girgèh, le 5 janvier 1S91.
J. dp MORGAN,
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I]
INSCRIPTIONS GRECQUES, LATINES ET COPTES
Les inscriptions tracées dans les carrières de Psoï-Ptolémais peuvent nous
fournir certaines indications sur îe temps où cette ville commença à prendre
quelque importance et sur celui où, cette importance ayant cessé, elle ne fit
plus que décliner pour en arriver à la situation misérable où elle se trouve
aujourd'hui, La plus ancienne de ces inscriptions porte la date de l’an XVI de
Nectanébo il ; à cette époque, l'Égypte était désolée par sa guerre contre les
Perses, guerre qui durait depuis de longues années; mais, malgré l'état
précaire du pays, l 1 usurpateur Nectanébo, qui tenait à s’attacher le peuple
égyptien, fit élever dans le Delta et dans la Haute- Égypte des monuments
dont les débris témoignent encore du goût de ce Pharaon et de l’habileté de
ses architectes : à Bubaste, où subsistait toujours le temple d’Osorkon, il fit
creuser le colossal naos de granit qu'on peut voir aujourd'hui à Gizèh; à
Philæ, il édifia, à la pointe méridionale de Hle, le petit sanctuaire qui fait face
à la Nubie; à Psoï aussi, très probablement, un temple fut construit, dont
ies restes sont ensevelis sous l'énorme amas de décombres qui s'élève au beau
milieu de la ville moderne; tout au moins, ce temple fut commencé, l’inscrip-
tion des carrières en fait fol. Jusqu’alors, Psoï n'avait été qu’une bourgade
éclipsée, comme tous les centres de population de la région, par l'éclat
d’Àbydos, capitale du nome et sanctuaire vénéré entre tous. Peut-être faut-il
voir dans cette tentative de déplacement d'influence, d une cité à l'autre, le
résultat d'un mécontentement provoqué chez Nectanébo par l’attitude hostile
des prêtres d’Abydos, restés fidèles partisans de Taho, le roi dépossédé, sur
lequel il avait usurpé le pouvoir. Quoi qu il en soit, ce déplacement eut lieu
et la chute de Nectanébo ne put enrayer le mouvement qui se continua insen-
siblement jusqu a l'avènement des Ptolémées; ceux-ci érigèrent Psoï en chef*
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CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS
lieu du nome, et si Âbydos resta toujours un lieu vénérable et sacré* du
moins perdit-elle toute influence au point de vue politique.
Durant la période persane* les constructions de Psoï continuèrent, et c'est
sans doute à cette époque qu'il faut faire remonter certaines inscriptions sans
date, relevées dans les carrières ; on peut* en effet* supposer que les Égyptiens,
considérant les Perses comme des usurpateurs* dédaignèrent de dater des
armées de leur règne leurs inscriptions populaires et durent faire aux conqué-
rants une opposition latente et sans grande portée, l'occupation de l'Égypte
s'effectuant graduellement et les Perses envoyant des garnisons, d'abord dans
la Moyenne- Égypte, puis jusqu'au delà de Tbèbes, à Pathyris, comme le
prouvent les contrats grecs trouvés à Gébéteïn, dans lesquels sont désignés
comme témoins nombre de soldats perses*
A Psoï h les Ptolémées poursuivirent l’œuvre commencée et y apportèrent
encore plus de zèle que leurs prédécesseurs; les inscriptions datées de leurs
règnes sont en effet les plus nombreuses, et ce fait est assez naturel; à leurs
yeux, aux yeux des Grecs surtout, qui avaient fondé à Psoï une colonie
considérable, la ville prenait une importance capitale, et le nom de Ptolémaïs
qui lui fut donné montre clairement à quel point elle était en faveur auprès
des souverains grecs, La chute de la dynastie ptolémaïque n'arrêta pas l'im-
pulsion donnée; les Romains, on !e sait, loin d'entraver la construction des
temples, l'encouragèrent au contraire de leur mieux; c'est ainsi que les
empereurs réédifièrent le sanctuaire d’Esnèh, réparèrent les chapelles d'Élé-
phantine, élevèrent un temple à EI-Qala + at, près de Coptos, et, dans Coptos
même, un édifice aujourd'hui ruiné et dont on ne peut évaluer l'importance.
Mais une autre conquête autrement dévastatrice mit fin à cet enthousiasme;
le christianisme pénétrait en Égypte* apportant avec lui un esprit de détache-
ment qui arrêta net toute idée de gloire et de grandeur; tout ce qui pouvait
charmer la vie terrestre, luxe, bien-être, propreté même* fut délaissé et consi-
déré comme œuvre du démon ; on déserta en masse les temples des anciens
dieux; dans les villes, il ne resta bientôt plus que les colons grecs et les légion-
naires romains, partisans assez peu zélés du culte d 'Am mon ou d'Osiris; les
%
constructions commencées furent abandonnées; les cités autrefois prospères
devinrent peu à peu mornes et désertes, et la désolation remplaça bientôt
l’animation et la vie. Ptolémaïs n’échappa point à cette influence dissolvante,
et la population chrétienne de la ville* désertant la cité païenne, alla s établir
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U. BQURIANT
j04
sur l'autre rive du fleuve, dans le voisinage des carrières. Un couvent, placé
sous le vocable de saint jean, fut élevé sur la croupe de GébeLToukh ; entouré
d'une muraille épaisse de six pieds, l’asile de paix était à l 'abri des intrus; à
l'intérieur vivaient les religieux ; à l’extérieur s étaient groupés les chrétiens
laïques auxquels, en cas d’alerte, s'ouvraient les portes du couvent, Ce mo-
nastère est effondré aujourd'hui, mais ses ruines subsistent encore, et l’on
pourrait peut-être, grâce à quelques déblaiements, en tracer un plan exact.
Au pied de la montagne s’étendait le cimetière aujourd'hui bouleversé, mais
fort reconnaissable, ou laïques et religieux étaient enterrés. Dans les cavernes
de la montagne, qui peut-être autrefois avaient servi de tombeaux, habitaient
les anachorètes, assez éloignés du monde pour ne pas être tentés par ses joies
illusoires, mais assez rapprochés aussi du couvent pour ne rien perdre du
bénéfice spirituel que pouvaient leur procurer la pratique des exercices pieux
et l'enseignement de la sainte parole. De ces anachorètes, les plus nombreux
vivaient dans le voisinage du monastère, mais quelques-uns s’étaient réfugiés
jusque dans les carrières, où leur présence nous est révélée par de rares
inscriptions et de nombreux dessins représentant des animaux de toute espèce,
des bateaux, des cavaliers.
Ces cavernes et ces carrières furent habitées longtemps sans doute, et très
probablement quelques-uns des dessins tracés sur leurs murs sont postérieurs
à la conquête arabe; malheureusement, aucune date ne vient nous renseigner,
et nous en sommes réduits,, dans cette circonstance comme dans bien d’autres,
à de simples hypothèses.
Les inscriptions de la carrière de Ptolémaïs, bien que relativement peu
nombreuses, embrassent donc une période fort étendue, de l’an XVI de Nec-
tanébo jusqu aux temps de! Égypte chrétienne, c est-à -dire près de 600 années.
La plupart de ces textes, malgré leur ancienneté, sont admirablement con-
servés et d'une lecture très facile. Nous les devons à ÀL G. Darcssy, conser-
vateur-adjoint du musée de Gizèh, qui les a découverts; M. G. Legrain s'étant
chargé de la copie et de la publication des textes démotiques, je n ai donc
pas à m en occuper ici.
Original frorn
UNIVERS1TY OF MICHIGAN
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CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS
S
Les inscriptions grecques et latines ont été copiées par MM. Jéquier et
Daressy et par moi-même; la comparaison de ces trois copies différentes nous
a donpê le texte que nous publions et qui, je l'espère, ne contient que fort peu
d’erreurs; peut-être un helléniste plus exercé aurait-il pu lire dans quelques-
unes des inscriptions grecques quelques lettres qui sont restées pour nous
indéchiffrables, mais nous avons reproduit de notre mieux les rares passages
effacés où quelque trace d'écriture pouvait se voir encore; î] sera dés lors très
facile aux hellénistes de profession de combler les lacunes de notre publication.
I. — INSCRIPTIONS GRECQUES
a
eeofcccjTHfci
HpAKANaUFAOC
(ÉpwnOJOCKAlAP
,Xf/iprrAN)CAi*BiûT
TOTT0C AÀÎunTOAe M Al c
CCJTHF ApHC CApAnvo» N
La dédicace de l'inscription nous reporte au temps des Ptolémées, proba-
blement de Ptolémée X Soter ÏI ; c'est du reste la seule inscription en langue
classique qui porte quelque indication de date. Le personnage qui a écrit,
ou peut-être fait écrire ce texte , était attaché au culte du souverain et
occupait en meme temps la charge d’archiprytane, c'est-à-dire qu'il était en
réalité le chef politique de sa ville. A la cinquième ligne, nous trouvons le
nom que les Grecs donnaient aux carrières : ils la désignaient, comme nous
le faisons nous- mêmes par le nom de Carrières de Ptolémaïs ; elles n'avaient
donc pas de nom spécial, au moins à l’époque grecque; quant à celui par
lequel on les désignait en langue égyptienne, peut-être le retrouvera-t-on
dans l’une des inscriptions démotiques.
Le mot AaÇa que je donne à la ligne 5 n est pas tout à fait certain; dans
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^66
U. BOUftlANT
l'original, la lettre a est légèrement mutilée et pourrait peut-être se lire oc, Xo£ot.
L'orthographe itpuiîoioç est fautive; le mot doit être corrigé en Ispoirotà?.
b
J x J
jJKzc/C'Cepxn fc*wq /
f HAI CêPMÀNOYBIC *f*
T
Dans cette inscription, le premier mot de chaque ligne est incompréhen-
sible; peut-être h\ic est-il là simplement pour ^Xtoç, et par suite ic pour foç,
forme poétique de £Ï£ t l'inscription, dans ce cas, se lira ainsi :
« Un (même dieu est} Jupiter Sêrapis et le soleil Hermanoubis », mais cette
restitution n est peut-être pas exacte.
€
i ÉfcC O Tûn Q c
0 C6ÀN O) A£*OYPHCM
HCÉXH- CZCÎTÔNCCPA
B 1
niN- KÇXOAOJM £N
On ne s attendrait guère à voir une pareille prohibition dans une carrière;
mais peut-être ia salle où elle est écrite êtait-efle réservée à des cérémonies
religieuses; c est ce que semblerait indiquer l/inscription b tracée sur la paroi
opposée.
â la troisième ligne, est écrit par transposition pour
â
\
lÉPpCOTOrîoc
OJ c £ A/TT£ A 1 C OM
Autre inscription de même nature que la précédente, mais très mutilée.
Le sens doit être â peu près le même qu'à l'inscription c. Seulement nous
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CA R BIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS
767
ayons à la ligne 2 l'introduction du mot £?]Tr É (?) « quiconque cherche à »,
le reste du texte est en trop mauvais état pour être reconstitué avec quelque
certitude*
t?
H N J OXOV CT FAT H r 4 CA )
Faut-il voir dans Hvtox oy un nom P ro P re ou plus simplement le titre même
décocher? Dans ce dernier cas on pourrait supposer qu'il y a là une petite
satire contre le stratège de Ptolémaïs dont quelque contremaître mécontent
s'est innocemment vengé, en rappelant sa modeste origine.
/
AATOW t AC TOTTPWTOJ* ANFf
?£T 0 ATT A? £n£ \ T &
TACkt>H£N irvnÉ^HÊ
Cette inscription que nous retrouverons plus loin plus correcte au point de
vue grammatical, mais défectueuse en ce quî regarde la mesure poétique,
représente un distique*
g
tGü£->p«J
Simple nom patronymique.
ITAN 1 OMOT^ 1 T N 'Cfàcjpd ctm
A&TQHtM ÊTPffNTüMÊMfirmorôNtiJ^*^
h n ut A pH ci o i kéaétcm ACf Hrr^or WW 9T
flAT P H HH n É PH Kfü CT i £.1 AAOTOM OYN
Inscription intéressante à cause du nom romain quony rencontre; malgré
les fautes de quantité qui s’y trouvent, elle semble former deux distiques :
Les deux mots a et jqnjicLÔi ne sont pas certains (voyez le fac-similé),
ce qui rend le sens précis très difficile à saisir.
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LJ. BOURIANT
368
Tby Y I Ü T
Inscription très mutilée.
3
2^0ôenkocroY<\p
wXITé K TON OCt^Ntf
re n oit o
v
i
Inscription trè3 effacée et en partie illisible.
k
A M* OyM i<\ïo rrp co
T o )vi £.y p éT O
ÀTTApon£ITA
lAC^TMtN rn
n ÊI^HCÊ^éK é.
Nujcen tTf’A.c
Répétition de l'inscription f.
La seule différence entre les deux inscriptions/ et k est dans l’orthographe
du premier mot; XaToptoc de / est préférable au point de vue de la mesure,
mais XaTopta de k vaut mieux au point de vue du sens.
I
Ô
El
62
£> tj <?/»
to 0/*A ^ y
riï
Série de chiffres assez difficiles à interpréter.
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CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS
369
II. — INSCRIPTIONS LATINES
a
FEm
faix
Inscription isolée au milieu d 1 inscriptions grecques et démotiques : Petra felix ,
« heureuse pierre »,
C RESlO^fC
JFLinTfiL
Ce Cæsius si aimé de ses hommes est encore le destinataire de l ‘inscription
suivante :
/
Q^Ç>f5 J 0- VAIfJWTj
J)JC‘>l>f ; VOCQNft^
/ FïUlïjt t
HJ\ B J^opj r; vm- IMP
Uaile ou bataillon des Vocontiens dans laquelle Cæsius était décurion se
trouvait donc alors en garnison à Ptolémaïs; à une autre époque, elle tenait
ses quartiers dans le nome Arsinoïte comme l’établit un papyrus trouvé au
Fayoum, publié par Wîlcken ( Ægyptische Urkunden aus den hànig. Mus *
zu Berlin — Griechîsche Urkunden , n° 4) ainsi conçu : ££oy^p<p loyer ttp
XiXtàpXT] n&pà- Aüp7]X(oy ’AGqütqç oéeTpxvoû. HvOwt ÉffTpaTsudpjv, Jtüpie, év
4 ?
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TiapÊ&^v ttvt aüWTpemw'Cfl pt-ou xal^iXtp iv aUVUfjtf ] ÜIL
âpaXfxûv dxTaxofltotfv. MstaTi&ÊVTOî pou eîç Bouxüvrtav xai &ç éXoyoTcotoüjiï)v
rcpàs aü^àv rapt toùwv fictà àp^o-ripwv àT.okuGW, Xdyov puiu oûramHq'tat. Atà tâ.m
éyùvzoç ftou fi£tï£iTï]V Suplwva ’lgt&üpou. , *
III- — INSCRIPTIONS COPTES
a
Cette inscription ne nous donne que deux noms et encore T un deux est
mutilé.
A gauche de la croix, Amba Patermouti.
:: À droite, Amba P. . .oou +
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n\
b
Ces trois inscriptions ne nous donnent aucun nom de particulier; elles ne
présentent d autre intérêt que de nous fournir le nom du saint vénéré dans
la contrée et sous le vocable duquel s'élevait le couvent voisin. Ce personnage
est *,n* iioçMiniEfc, « saint amba Johannes », On ne sait au juste quel
était ce saint Jean ; peut-être est-ce TEvangéliste, peut-être est-ce saint Jean-
Baptiste, peut-être n'est-ce qu'un simple saint local.
IL BOURIANT,
Âbou-Ghoucha, le 5 janvkr
!
i
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[Il
INSCRIPTIONS DÉMOTIQUES
C’est Minou, le dieu ithyphallique, qui étend sa puissance sur le terri-
toire dont Panopolis est la métropole; le désert et la chaîne arabique sont
ses domaines. Parfois, las de ses courses à travers les sables et les rochers,
il descend au temple d'Âkhmim présider aux jeux gymniques donnés en son
honneur; parfois aussi, rassasié des grandeurs humaines, il se retire dans
ses ermitages de l’Ouady Hammamat, de Cheik Sakoum ou de Gebel Toukh,
où les chasseurs et les carriers viennent lui présenter leurs hommages.
Ici, c’est une petite chapelle qui s'accroche aux flancs de la montagne ; là,
une simple grotte où Ses dévots viennent implorer l'intervention de la divinité
fécondatrice; ailleurs, enfin, c'est dans les carrières où les envoyés du Pharaon
viendront tirer la pierre nécessaire à ses constructions que le dieu se pTa.it à
résider.
Minou semble aimer [‘industrie et, tandis que son temple de |||* est
entouré d'ouvriers métallurgistes et lapidaires, il laisse pénétrer en paix dans
ses antres ceux qui viennent y chercher les matériaux avec lesquels sont
édifiés les temples et les tombeaux.
Aussi* ceux qui prennent part â ces expéditions ne négligent-ils pas, en
rappelant le souvenir de leur voyage, de louer la bonté du dieu qui leur a
permis, miraculeusement parfois, de remplir avec bonheur la mission qui
leur était confiée.
Les textes gravés sur les rochers de l'Ouady Ham maniât et qui, â plusieurs
reprises, ont attiré I attention de M. Maspero, montrent combien le travail
du carrier relevait de Minou, Dès la VP dynastie, Merri, prophète du dieu,
accompagne une expédition destinée à rapporter des matériaux de construc-
tion, et le roi Merïri est représenté adorant le maître de Goubtî ithyphallique.
Sous la Xl f dynastie, Nib^touiri Montouhotpou, l'an TI de son règne,
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CARRIÈRES ANTIQUES DE PTOLÉMAÏS
vient dans le pays de son père Minou et lui fait l'offrande du lait. Le dieu
reçoit, en cette occurrence, les titres de vénérable, de maître des pays de
montagnes ; car c'est lui qui a fait don de la pierre, et c'est pour le remercier
de cette faveur insigne que le roi fait graver une stèle commémorative.
C’est encore Minou qui donne à un bloc les six faces d un sarcophage.
La vénération dont est entouré le dieu n’est pas moins grande sous la
XI h dynastie, et c’est seulement après s'être prosterné devant le maître
d’Hamamat, après avoir brûlé de l'encens à l'honneur de tous les dieux,
qu’Antouf, chef des prophètes de Minou, arrive à découvrir la pierre qu’il
était chargé de rapporter. Parfois, aussi, le surnaturel se met de la partie et
une gazelle, sans doute envoyée par le dieu, guide les carriers dans leurs
recherches.
Chaque époque vient ainsi apporter son tribut d'hommages, et T à une
époque beaucoup plus rapprochée de nous, un nommé Nakht-Minou demande
encore que son nom demeure à jamais devant Minou, le prince de la
montagne h
Ce qu'était Minou à Hamamat, il l'est aussi au Gebd Toukh, que les textes
démotiques appellent « le lieu où repose Minou * ».
La formule des procès-verbaux rappelant la présence des carriers en ces
lieux varie peu, et l’inscription 12 peut être considérée comme le type
adopté pour la rédaction de ces graffiti :
« L’an XX, épiphi, du roi Ptolômêe, fils de Ptolémée, exploration 1 qu'ils
ont faite de Ei-hotep-AIinou, en présence de Minou, le dieu grand. »
Quelques inscriptions 4 qualifient aussi le dieu de «maître de Scha», mais
sans nous fournir d’indications suffisantes pour son identification. D’autres plus
loquaces nous disent être venus pour faire la statue, l’icône ou *w.
D’autres encore nous apprennent que des représentations divines existaient
dans ces antres, et les dévots demandent que leurs noms demeurent à jamais
établis devant elles
1. Inscription domotique citée par Brugsch, Dictionnaire hiéroglyphique, p, 637.
s. N" 7, 10, 12.
T /A * Lt .CL < [□ ’Ve^orn, Brugscb, Dkt., p, 1617 .
A G WMW
4- h &
5. N*- e, 14.
6. Le n“ 13 csê place à une telle hauteur que nous is avons pu en faire qu'une copie incomplète.
L’inscription entière comporte 1 2 ou 15 lignes.
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MA
G. LEGRAIN
Miaou n'était pas seul pour recevoir ces hommages; Osiris et quelques
autres divinités en prenaient leur part, ce qui laisserait supposer dans ces
carrières la présence d’un ou plusieurs bas-reliefs qui n'ont pas encore été
retrouvés ou sont détruits.
L’inscription n° i , datée de l'an XVI T pachons, de Nekhtanebf, dans laquelle
le scribe Nes-min (?) nous raconte l'extraction qu'il a faite de 1780 pierres et
nous fournît un nom de divinité dont je ne connais pas l'assimilation démo-
tique uiiïik*— et que, je crois, d’après la construction du
groupej être ISÆMVa sans cependant en avoir de preuve positive L
Une autre série de documents n'est pas moins curieuse ; au milieu de
rectangles tracés à même le plafond, sc lisent des indications numériques
relatives à la grandeur des pierres à détacher. Beaucoup sont accompagnées
d'un nom d’ouvrier ou de possesseur ; on aurait été en droit d’espérer pouvoir
recueillir ainsi quelques renseignements précieux sur les étalons de mesure,
mais l'enchevêtrement des rectangles rend presque Impossible une étude
sérieuse de ces textes.
Toutes les inscriptions dont nous donnons 3e fac-similé sont tracées à l’encre
rouge par des mains exercées à l’écriture démotique ; malheureusement la
hauteur des plafonds sur lesquels elles sont tracées en rend la lecture à la
jumelle fort pénible et parfois incertaine. Une de ces inscriptions (n° g) est due
sans doute à un fantaisiste qui s’est appliqué à écrire son procès-verbal en
commençant par la droite, ce qui la rend, d ailleurs, à peu près incompréhen-
sible, mais qui, aussi, jusqu'à présent, ne s'est pas encore, à ma connaissance,
rencontré en paléographie démotique.
Telles sont dans leur ensemble les inscriptions purement égyptiennes tra-
cées dans le lieu où reposa jadis Minou.
On peut voir par cette courte notice qu elles ne sont pas indignes d'intérêt
et que leur étude pourrait fournir quelques nouveaux renseignements sur le
culte de Minou et I exploitation des carrières qui me paraît avoir été placée
sous son invocation.
A bon Schouehfl, 2 janvier
Georges LEGRAIN.
1 .
^3?
Une^ inscription citée par Brunch (Dkt, géographique,
. titre qui rappelle singulièrement celui de Minou
■ — — Jl O V
[>. 771), donne à Anhouri le titre de
dont noua parlions plus haut.
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carrières antiques de PTOLÉMAÏS
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G. LEGRAIN
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179
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LA PROCESSION D’AMMON
DANS LE TEMPLE DE LOUXOR
Les murs entourant la grande colonnade du temple de Louxor sont cou-
verts de bas-reliefs sculptés dans le meilleur style de la XVI IL dynastie,
représentant la procession qui avait lieu lors de la fête d'Ammon thébain.
Malheureusement ces murailles ont beaucoup souffert, toute la partie supé-
rieure a été renversée dés l'antiquité, et les pierres en provenant ont servi
de matériaux de construction. Il ne subsiste plus dans la majeure partie que
le registre Inférieur des scènes, au lieu des deux ou trois qui étaient consacrés
à ces représentations; néanmoins les portions subsistantes offrent encore un
grand intérêt.
Dans l'angle nord-ouest, on assiste au départ de la procession, figurée tout
au long sur Je mur ouest. Le mur est offre la contre-partie, le retour et la
rentrée au temple à F extrémité nord-est. Nous suivrons donc cet ordre dans
l’analyse des scènes.
Avant la fête , — Les arches divines reposent sur leurs sodés; autour
d’elles sont amoncelées des provisions et des fleurs. Au registre supérieur,
il y avait 3a barque d’Àmmon, devant laquelle le roi brûlait l'encens et versait
^ .J q ^ p b 1 1 1 1 » 1 1 « —jf
la libation . ILlraar,^- Près d’elle sont placées huit enseignes,
longs bâtons surmontés d emblèmes sacrés; chacune est accompagnée de
] énonciation d'une faveur :
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LA PROCESSION D’A MM ON
». TiKdebélieryfffJoJîjj^;
3 . Tête d'épervier surmontée du disque ^ ]f| ^ ga|
4 • id. id. £sd? ^
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7- 4
8- Tête royale
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— ■ ' u v 1 '■■■«■■ ■if n m a ■ t/ Q r a |
Au registre inférieur, il y a trois barques : la première, celle du roi, a ses
extrémités ornées de têtes surmontées de la couronne triple ahi; la seconde
est celle de Maut, la dernière celle de Khonsou.
Sous la bari de i\ïaut r on lit :
Ï£1 ÏÏÏ ÎÜ
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et au-dessus, il y a une liste d'offrandes.
2 . Sortie du temple. — La deuxième scène représentée est la sortie du
temple, dont la porte est figurée telle qu'elle devait être à l'époque, avec
huit grands mâts en bois dressés devant le pylône. L'artiste a même montré
les bas-reliefs qui ornent la porte et celle-ci est précédée de deux sphinx
androcéphales, tenant un vase entre leurs mains.
Les barques divines sont portées sur les épaules des prêtres : il faut vingt-
quatre hommes pour chacune d’elles. A l’avant et à l'arrière, un prêtre agite
un long chasse-mouches; quatre officiants, revêtus de la peau de panthère,
marchent aux côtés du naos; enfin, précédant chaque barque, un thuriféraire
!
!
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agite le porte-encens. Au registre du haut, il y avait la barque d Am mon,
que le roi suivait. Il ne subsiste de la légende que : j ■•S 3 D_.MI 1
En bas, il y a celles de Khonsou, de Maut et du roi.
Sur l'arche de Khonsou : j jjj j =1S V” I
IJ 0 1
© I
Sur celle de Maut à laquelle on fait : j
'*iîl±^-i^CElS 3 ir^Z?“î^iiBT
Pour la barque royale, on fait "****£ ° ^ ^ ^ ° J- Au-dessus : | *] J
eV^Zî-}«î?”M=K$Sâri“-=lê'
En tête de la procession, il y a un joueur de trompette et un tambourinaires
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J Mwm I
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y* Les barques sur le Nil . — Le cortège est arrivé au bord du fleuve, les
barques sacrées ont été déposées sur des bateaux halés par de nombreux
personnages qui marchent sur la rive, et escortés d'embarcations qui remon-
tent le Nil à la voile ou à la rame Un prêtre chante l'hymne suivant :
LA PROCESSION D AMMON
xu
CL iVVWW
Q ifl^^FŒHï
1 Anivw LJ o LJ à., ÿ I
Bj?,;,i^j!.tt*=î:?î;r ' ~7 “"
■im-Bi- '
Après ce chanteur viennent :
i° Un détachement de soldats égyptiens, portant le bouclier, armés d + une
lance et <fune hache,
2 ° Les grands chevaux de Sa Majesté § ^ (] attelés à deux chars
non occupés,
f Les haleurs de la barque d'Ammon, Égyptiens et Nègres tirant sur
la corde dans les positions les plus diverses; plusieurs se retournent ou se
jettent â terre pour envoyer leurs acclamations à la divinité. La manœuvre
est dirigée par un officier tenant un bâton,
4° Un groupe de quatre Nègres : trois dansent et fout des contorsions, le
quatrième joue du tambour.
Ÿ Des soldats (?) ayant deux plumes sur la tête, frappant en cadence l une
contre l'autre deux languettes de bois, sorte de castagnettes.
Au-dessus de tous ces hommes, on lit cette légende :
Tto&tttrrmzim^AiaEtàiM
* 8==0(i o sçnï'=*>î3 s f
L. Hrs^T4-
ittww '
Inscription après les derniers personnages de la procession d’Ammon :
i i i isr
HH
Plus loin, viennent huit prêtresses tenant chacune un collier et un sistre,
puis quatre hommes. Bien que l'escorte de Maut semble commencer ici, les
m
ni
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G. DARESSY
WAV,
Les haleurs de ta barque de Maut arrivent ensuite; au-dessus deux, on lit
a
■WAV
A la fin de la procession, il y a des officiers portant des enseignes militaires,
des soldats frappant de petits morceaux de bois 1 un contre l'autre ou
battant la mesure avec leurs mains, ainsi qu’un joueur de nablium.
Au registre du haut, on voit encore la partie inférieure de 3a barque de
Q » 11 £2k JPi
m. Jh r-MwA j\ MWAA r ** ■ ■* * ^ "
îtk «it I V
U subsiste aussi un des bateaux qui se joi
voile ouverte et muni de nombreux rameurs.
gnaient à la fête; il s’avance la
A son avant, on lît : ! '111*5-%,
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LA PROCESSION D’AMMÜN
7^5
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^rssvisxziiia
5, /V^sert/affon tfcs q^randes, — La procession est arrivée; les arches
sacrées sont mises sur des socles; autour d’elles sont déposés des monceaux
d'offrandes de toutes sortes dont la liste est donnée. La barque tTÂrnmon a
disparu; il ne reste que celles de Maut et de Khonsou. Les inscriptions qui
les accompagnent sont ainsi rédigées ;
»7 , =-ï«-fîk->hi„i*=ï:îr:=i°j:*vifi^
«^,4i(Sï303slïll«ri>frtïï=ilS=il-
Le mur de Test offre en général la contre -partie des bas-reliefs déjà décrits.
Comme il est mieux conservé que celui de ï ouest, plusieurs scènes sont ici
plus complètes.
/. Présentation des offrandes. — Au registre supérieur, le roi offre l’en-
cens et l’eau ; #<n> ’ c= jl| barque d Ânrmon est
posée sur un socle ; à côté, il y a une série d enseignes analogues à celles que
nous avons déjà vues :
T«ed«M=ri = ^"|fff7^^ al «8-.
2 . Tète royale A = W|T
3. Tète d'épervïer coiffé du disque ^
^ïUü ,=>
^ ù v j ] yj
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6 * Tête de chacal
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8 - Tète royale
ASM=tlPSà=}^
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I M I M
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G. DARESSY
*86
Au tableau inferieur figurent les barques de Maut et de Khonsou avec des
notices assez mutilées :
0
i
/VAAhVi
Tout ce mobilier sacré est dans une chambre représentée ici comme un
naos; derrière le roi, ors voit le dessin de 3a porté de cette chambre, avec les
bas-reliefs qui 1 ornent. Au dehors, de hauts fonctionnaires attendent inclinés
la sortie du pharaon qui a seul pénétré dans le sanctuaire.
2 . Retour de la procession , — Les prêtres ont repris les barques sur leurs
épaules et les portent jusqu'au fleuve. La nef d'Àmmon était au registre su-
périeur, le roi raccompagnait ; au-dessous étaient figurées celles de Khonsou,
de Maut et du roi : celle de Maut a disparu lorsqu'on a percé une porte à
travers le mur à [époque romaine, Au dernier registre, qui se rattache à la
scène précédente, on voit I abatage des bœufs et la préparation d'offrandes
portées dans la chapelle pendant que les divinités y reposent, La légende était
du reste identique à celle du tableau qui fait pendant sur le mur ouest :
il -cŒ>- eüto &
j. Navigation * — Cette partie est assez bien conservée, et le tableau pour-
rait presque être rétabli dans son entier. Le premier bateau qui arrive porte
un naoset divers emblèmes sacrés; il descend à la rame, ainsi que les suivants.
Les deux qui viennent après portent des musiciens et remorquent la barque
de Khonsou, à coté de laquelle on lit : ■ ^ ! j i J
-K»
O
U
a
( 1 1 1 ■ I ■ I i I L |
kOm®- Le bateau
qui transporte Am mon est Te plus vaste et le plus orné de tous. On remar-
quera ici que ce n’est pas î arche sacrée que les prêtres portaient sur leurs
épaules, qui flotte sur l ! eau; elle est déposée au milieu d’un navire beaucoup
plus grand, orné lui-même des attributs du dieu. Les mêmes dons de vie, de
santé* de victoire, etc,, en faveur du roi, sont toujours mentionnés auprès des
chasses. Une petite embarcation transporte les offrandes.
Deux bateaux marchent ensuite de conserve. L un donne la remorque à la
barque de Maut, les textes explicatifs sont détruits; l’autre couvert d’une
tente magnifique est celui de la reine. On lit en effet au-dessus : ^
ed bv
Google
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LA PROCESSEON D AMO H
nr-i
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Pilk.ttZAM
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Î^JLSÎà
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^gj^o
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WTli<TfflisnikJ»SAM23^J,|^
5T,-SCd-S}S-I!rÆlT:(lHJl
ïiK^)SWiJ!H.3i
En dernier lieu vient le navire qui, sous un double dais, transporte la barque
sacrée de Maut (j q ^ Le vautour de ^ 0 J ptanc
au-dessus, des éperviers déploient leurs ailes, tenant en leurs serres le
signes On a gravé à coté les phrases suivantes : " ïa>t ^
«GŒ3SB^5k!TJZ^f"^TTl=IT
JiB-h.i-kfcTM-^'VIF.VSGEl
Au-dessous de toutes ces embarcations sont représentés les personnages
qui ont accompagné la procession, courant sur la rive et continuant à envoyer
des acclamations, Une inscription placée au-dessus de la tête des gens du
premier groupe est ainsi conçue : Mj%
3««!JLI*ai4D T tSlSg iAlMlin»
T57?
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* 55 ^!
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àflBMfc3îss:iiàSûsas-»Hie
Le groupe se compose : l° d'officiers portant des enseignes militaires suivis
de leurs soldats marchant à une allure très vive;
2° De nègres sautant et dansant;
y D'un autre corps de troupe, musique et étendards en tête;
4° Des deux chars attelés de chevaux du roi | fffiî
5* D une troisième série de fantassins.
Après viennent les prêtresses agitant les sistres, suivies de prêtres. Devant
elles, on lh : [ (M) i £ lC)<~ CÏ2DH
, rt au-dessus : fl î "P fît *1 °S*
£4
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flkP-
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308
G. DARESSY
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et des prêtres [1
El El
«MB Eh
La dernière partie du cortège se compose encore en majeure partie
soldats de différentes armes, marchant en troupe avec leurs enseignes,
précèdent des joueurs de nablïum
et de castagnettes, des chanteurs ^ ^
U Isgmd, place» au-deraus dit I Jîili^îCîSVijL «TiW
nr^crm*yïî~î*
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de
Ils
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Un autre texte est mis en avant :
Tfrs-iiaBk^iw
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A
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"MW I I I
WW
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ÎTS
Rentrée dans te temple , — La procession arrive en vue du temple dont
la façade est dessinée. Cette représentation intéressante est mieux conservée
que sur le mur occidental; l'aile gauche du pylône est entière jusqu'au som-
met, on voit le couronnement de la porte centrale, les banderoles attachées
au sommet des mats. Devant 3 'entrée, on tient des bœufs portant entre leurs
cornes des ornements en plumes et en fleurs; ils seront probablement abattus
lors du passage du cortège, qui s'avance précédé de chanteurs, de joueurs de
castagnettes , de porteurs de bouquets et de brûleurs d’encens. Au registre
supérieur était la barque d’Àmmon, au-dessous celles de Khonsou, de Maut
et du roi, portées par les prêtres avec 3e même cérémonial qu au départ.
Près de chaque châsse, il y a de petites inscriptions ne donnant que les
phrases ordinaires : etc ’
Rans le sanctuaire , - Les cérémonies de I exode du dieu sont terminées,
les arches divines reposent sur leurs socles dans le sanctuaire. Le roi est seul
dans le saint des saints et accomplit une dernière libation* Ammon renou-
velle ses dons.
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LA PROCESSION D'AMMON
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G. DARESSY
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En échange, M.nt dit an roi : f-| (Jj_^ ) "V i
flSiliZ-tll V*UZ ■* “”■»»= hiZi V
«Œ1I5HY?«Z9SZS-
Tels sont les bas-reliefs, dégagés en 1895, qui ornent les deux grandes
paroîs de cette salle. Aux extrémités, il y a, de chaque côté de la porte, des
scènes qui se rattachent peut-être aux cérémonies de la fête, mais sont
traitées d une tout autre manière, les personnages étant représentés presque
au double de la grandeur naturelle. Au nord-ouest, le roi Hor-m-heb se
présente à Arnmon et à Maut, derrière lui est une porte surmontée d’orne-
ments « khakeru «> : ce serait l’entrée du roi dans le sanctuaire avant la fête.
Au sud-ouest, quatre prêtres versent dans de grands vases le vin contenu
dans des amphores. Ammon et Maut sont assis et le roi leur consacre la
libation en touchant les vases avec le bâton J. Au sud-est, Hor-m-heb offre
des bouquets de fleurs à Ammon et à une série de divinités dont on ne voit
plue que les dernières : j“ g], IM.. Au uord-es,
serait le dernier acte de la journée : le roi adore Ammon et Maut ; on voit
derrière lui la porte du sanctuaire qu il va quitter.
On regrette que les textes qui accompagnent Jes représentations ne soient
pas plus explicites, qu'ils ne nous disent pas entre autres les temples où se
passaient les cérémonies. On notera cependant qu’à l'aller, les barques
remontent le Nil, les voiles déployées, et qu'au retour, elles vont à la dérive;
on peut donc supposer que le départ avait lieu du temple de Karnak tandis
que Louxor était le point d'arrivée (pl. 3 ^ a P), La date à , ue!le on
faisait cet exode aurait été intéressante à connaître. A de nombreuses reprises,
on parle du roi qui conduit la fête d’Ammon dans les Ap : 8 J ^ f ^ .
une fois, dans^ texte accompagnant la navigation au retour, oiflit
JiUky o » il 1 ' * ( 1 e roi) conduit (Ammon) vers les Ap dans sa fête
du commencement de l'année ». Si la grande panégyrie d' Ammon dans les
A P coïncidait avec le jour de l'an, nous aurions là un renseignement précieux
pour établir la correspondance des calendriers, à rapprocher des daies con-
nues sur a célébration de la même fête à diverses époques, notamment sous
Ramsès II, Ramsès 1(1 e, Piank hi, mais cette mention ne peut être utilisée
en toute sécunté. Les murs sur lesquels se déroulent ces scènes avaient été
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LA PROCESSION D'AMMON
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élevés par Àmenhotep III; ce roi n'eut probablement pas le temps de les
orner. C'est Hor-m-heb qui fit reproduire les sujets que nous venons de
décrire f mais Séti I" a trouvé moyen de faire graver une fois ses cartouches
sur le mur ouest.
Au-dessous de ces bas-reliefs, une inscription en gros caractères donne la
légende royale de Ramsès IV et plus bas encore existe une série de car-
touches du même roi, surmontés de la double plume et du disque.
Saqqarah, iî septembre 1897.
G, DARESSY.
CHALÜN-SUR' T SA6}ie t ïilP. FRANÇAISE ET ÛlUEtfTAI.e PE MARÇEAU.
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MUR DE L'OUEST
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LA PROCESSION DAM MON DANS LE TEMPLE DE- LOÜXOR PL, VL
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MUR DE L'OUEST
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LA PROCESSION D'AMMON DANS Eli J|£Ml'Lt£ 1>V. LoUXOR
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MUR DE L'EST,
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LA PROCESSION JJÀMUON DANS LU T KM PLI: |3K LOUXOR
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ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
' iB t RUE BONAPARTE, aS
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MÉMOIRES
PUBLIÉS PAR LES MEMBRES
DE IA
MISSION ARCHÉOLOGIQUE FRANÇAISE AU CAIRE
TOME I.
PnEMira ' fascicule : U, GOURIANT. Deux jours de
fmiilkaà Tell cUAmarna, — V. LORET . Le tombeau
de l’Anfixent Amen-Hotep, — U. BOURIÀN T. L enlise
. copte du tombeau de Dégft, — V r LORET. La stèle
de l’Amtent Amen-Hotep. — H, DULâC, Quatre
conte» arabes en dialecte cairote. — V. LQRET. La
tombe de Rb ara Ha,
fn-4% avec planches noires et en couleur, 55 fr.
Deuxième fascicule : G, MASPERO, Trois années de
fouilles dama tes tombeaux de Thêbea et de Mem-
phis. — U. BQURIANT, Lob papyrus d’Atïhmîm. —
V. LO R ET, Quelques documents relatifs à la littéra-
ture et è Sa musique populaires de la Haute-Egypte*
In-q' 1 , avec 9 planches en couleur* 2 planches noires,
40 planches de musique- 40 fr.
Troisième, fascicule : U. SOURIANT. Rapport au Mi-
nistre de l'Instruction publique sur une mission dans
la Hauîc-Esypte {1884-1885), — P. R AV Al SSE.
Essai sur l'histoire et sur la topographie du Caire
d'après jMakrîzî. {Palais dea Khalifes FatimitcaJ. Avec
plans en couleur. — PH. VIREY, Étude sur un par-
chemin rapporté de Thibes. Avec une héliogravure
du papyrus en 4 planches,
In-4 a . Prix : 30 fr.
Quatrième fascicule : LES MOMIES ROYALES DE
DÉ(R-EL-BAHAR 1 , par M. MASPERO.
In- 4% avec 37 planches, 50 fr*
TOME II.
LES HYP.OGÉES ROYAUX DE THÈBES, par M. E.
LEFÉBURE. 1 " partie. Le tombeau de Séti ^pu-
blié in extenso sveeîa collaboration. de MM, U, BOU-
RIANT et V* LCRET, membres de U Âlission
Archéologique du Caire et avec le concours de
M* ÉDOUARD NAVILLE.
Iti-4% avec 136 planches. 75 fr*
TOME III.
Premier f A scrcu lis : LES HYPOGÉES ROYAUX DE
THÈBES, par M. E. LEFEBURE. 2 e partie. Notices
«a Hypogée? , publi Ées avec h collaboration de
MM. Eb. NAVILLE et ERN. SCHIAPARELLL
In-4 Ù , avec planches,. 35 fr,
: LES HYPOGÉES ROYAUX DE
THEBES, par M. EL LÉFÉBURE* 3 1 partie. Tom-
beau de Ramsès IV.
fn- 4 \ avec planches. 35 fr.
TRoraiÈ«r. fascicule : AL. GAYEÎ, Les monuments
coptes du Musée de Eoutaq, Catalogue des sculptures
et stèles ornées de la salie copte du Musée de Boulaq
Un volume 10-4*, avec «00 planches, dont deux en
chromolithographie* 40 fr.
Quatmèhir fascicule: P. RAVAISSE, Essai sur l'hia-
tmre et sur la topognphie du Caire d'après Makrîzî
{Palais des. Khalifes baiimiteg), a 1 partie avec pians
de JA ImSPERO^îo frT ThibcS rt dt Mcraphl8
TOME IV.
TipV^fSa AxWSf.85
E AMÉtea* colil ” et a ” b ' s P»
Un fort volume m-4*, &q fr.
TOME V,
Piieheser fascicule : PH. VlREY. Le Tombeau de Rekh-
mara. 1 11-4*1 avec planches. 40 fr.
Deuxième fascicule i PH. VIREY, Tombeaux thébnjos de
la XVII P et de la XJX n dynastie, avec planches, 40 fr.
Troisième fascicule : G. ELNÉDHK, ROL’RlANT*
BOUSSAC, MASPERO. CHA 3 SINAT. Tombeaux
îhébains. Un volume in-q", avec nombreuses planches
en couleur. 40 fr.
Quatrième fascicule : Tombeaux thcbûtns T par io P.
SCHE 1 L. {Sous près se.)
TOME VI.
Premier fasciculc : G. MASPERO* membre de l'Ins-
titut, Fragments de la version thébaine de l’Ancien
Testament. Texte copie, Jn-4*. iü fr.
Deuxième fascicule ; MASPERO. Suite et fin des Frag-
menta. — SCHE 1 L. Tables de Tell el-Amarna. —
CASANOVA, Une sphère arabe, — Notices sur
les stèles arabes appartenant i la Mission du Caire.
ln-4 b . 25 fr.
Troisième fascicule: CASANOVA, Catalogue des verres
de la collection Fouquet. — Mémoires divers sur les
Fa timides. In-q*. (i’ous presse.)
TOME VII.
PRÉCIS DE L’ART ARABE, par M. J, BÛURGOIN.
In -4" avec 300 p ta n e h es. 1 5 O fr,
TOME VIII.
' Premier fascicule : Actes dti concile d^Éphèse, texte
copte public et traduit par M. U. SOURIANT.
Irt’4*. 15 fr*
Deuxième; fascicule : L’Éloge de TApa Victor, fils de Ro-
mance. Teste copte-ihêbain public et traduit par
U. BOURIÀNT. — Recueil de c6nca funéraires, par
DARESSY. ln-4% avec planches, au fr.
TOME IX.
Paf-mier fascicule i BAtLLET* Papyrus mathématique
d’Akhiïnm. — BOURÏANT. Fragmente du teste
grec du livre d'Enûch, et de quelques écrits attribués
îi saint Pierre, In-4*, avec 8 planches. 30 fr.
Deuxième fascicule î Le P, SCHElL. Deux traités de
Phi Ion t publiés d’aprtï un papyrus du VT siècle
trouvé à Loüxor* In-q** avec 4 planches. 16 fr.
Troisième fascicule î L'Évangile et l’Apocalypse de Pierre,
Le texte grec du Livre d’Hénoch. Fac-similé du ma-
nuscrit reproduit en 34 planches doubles, en hélio-
gravure. Avec une préface de M. A, LODS. 40 fr.
TOMES X et XI [En cours de pubtication).
LE TEMPLE D’EDFOU. public in extenso,, par M* le M il
DE ROCHEMONTEIX. Avec nombreuses planches.
i rl livraison, ln-4*. jo fr.
TOMES XII et XIII {Encours de publication).
LE TEMPLE DE PHILÆ, par M. G. BÉNÉDITE, et
Kecucil des inscriptions grecques, par M. BA 1 LLET.
TOME XIV (/£jî cours de publication}.
LE TEMPLE DE LOUXOR* par M* GAYET.
TOME XV.
LE TEMPLE DE MÉDlNEX-ABOU, par U. SOURIANT.
PttKsiiÈR fascicule comprenant environ 50 planches.
{Sovs presse.)
TOME XVI {Epi préparation).
LE TEMPLE DE DÊÏR-EL-jMEDINEH et le TEMPLE
DE BEHENi (Wadi-Alfa), par G. BÉNÉDITE.
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UMIVERSITY OF MICHIGAN ■